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Q&R : Le marché va se réajuster davatange
Publié dans Finances news le 27 - 05 - 2010

l Youssra Nejjar, Directeur de communication de la CMOOA, pense que les galeries ne cessent de se professionnaliser et n'hésitent plus à prendre des risques.
* Finances News Hebdo : Est-ce que vous pensez que les nouvelles galeries ont pu redynamiser le marché des arts plastiques au Maroc?
* Youssra Nejjar : Au cours de la dernière décennie, le marché de l'art au Maroc a connu un essor sans précédent, évoluant de pair avec la croissance économique du pays et favorisant l'émergence d'une nouvelle génération de mécènes prêts à investir dans l'art.
Aussi, l'embellie du marché de l'art et ce regain d'intérêt s'expliquent en grande partie par l'arrivée sur le marché, en 2002, de la Compagnie marocaine des œuvres et objets d'art (CMOOA), première maison de vente aux enchères au Maroc. Celle-ci a permis de donner une visibilité aux côtés des artistes et a également servi de référence au public, lui permettant ainsi d'apprendre à regarder et à faire la différence entre les artistes.
Cette situation nouvelle s'est matérialisée par la création et le développement d'une multitude de galeries d'art, surtout à Casablanca et Marrakech. Même si elles sont peu nombreuses, les galeries ne cessent de se professionnaliser (expertise et estimation, certifications des œuvres, catalogues d'exposition, programmation annuelle). Aujourd'hui, elles n'hésitent pas à prendre des risques, à accompagner de jeunes artistes et surtout à développer de nouveaux média : installations, art vidéo, photographies…
Finalement, pour booster davantage le marché de l'art au Maroc, il serait pertinent de se doter d'espaces d'art ( musée par exemple) fondés sur un parcours cohérent et capable de poser les vrais besoins culturels esthétiques indépendamment de leur valeur marchande.
* F.N.H. : Est-ce que vous pensez que les nouveaux noms de la peinture marocaine ont pu attirer l'attention des collectionneurs passionnés. Est-ce qu'on peut avoir des exemples?
* Y.N. : D'abord, Il n'y a pas plus de 10 ans qu'on a commencé à parler d'un marché de l'art au Maroc, par conséquent, il n'a pas derrière lui une histoire calculable en terme de cumul, capable de nous permettre d'y voir plus clair. Mais en général, les Marocains s'intéressent à l'art. Il y a un véritable engouement pour l'achat d'œuvres d'art. Les acheteurs se montrent beaucoup plus confiants dans l'achat d'œuvres d'art d'artistes marocains modernes et contemporain. Il y a donc une véritable mouvance et émergence.
Ensuite, les nouveaux noms de la peinture marocaine, en l'occurrence Mounir Fatmi, Mohammed El Baz ou Safaa Erruas, pour ne citer que ceux-là, ont déjà une histoire et un capital à l'étranger. Ils sont reconnus et représentés par de grandes galeries à l'international. Le marché de l'art au Maroc, étant atonique, ne leur permettait pas de prendre le risque d'exposer dans leur pays d'origine. Le rapport de confiance et de crédibilité n'existait pas.
La CMOOA, a considérablement servi à booster le marché de l'art au Maroc. Les artistes étant plus confiants, ont pris conscience de la dynamique de ce secteur et de l'existence des collectionneurs prêts à investir dans ce domaine.
Finalement, l'attirance et l'intérêt des collectionneurs pour ces nouveaux artistes marocains ne sont que le résultat naturel de ce process.
* F.N.H. : Enfin, quelles sont à votre avis les perspectives à court terme de ce marché prometteur?
* Y.N. : Les perspectives à court terme du marché de l'art au Maroc se matérialiseraient d'une part par la structuration, la diversification et le professionnalisme des différents acteurs
D'autre part, il est important de signaler qu'avant la crise financière, la cote de plusieurs artistes a connu un boom qui ne reflétait en rien leur valeur réelle. Actuellement, après le crash, le marché va se réajuster davantage et les artistes retrouveront leur vraie valeur.
Finalement, même si très peu d'informations circulent, notamment sur les budgets de fonctionnement, d'acquisition ou autres, des espaces d'art vont se créer. D'ailleurs, tous attendent du futur Musée national d'art contemporain, une approche cohérente et exhaustive fondée sur les moments qui font sens dans l'histoire.


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