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Entretien avec Abdelmajid Aït Lafkih, Directeur général adjoint : «Le client marocain est sensible au prix» de Madiva
Publié dans Finances news le 05 - 06 - 2008

* Les véhicules chinois sont moins chers car les constructeurs développent des moteurs simples et produisent en gros volumes.
* Au Maroc, la réticence des sociétés de financement à accorder des crédits pour l’acquisition de véhicules chinois s’est vite dissipée face au succès de ces modèles.
* Le pays reste en retrait en comparaison à d’autres pays africains qui ont su capter les investisseurs chinois.
Finances News Hebdo : Madiva commercialise des véhicules utilitaires et, depuis peu, des véhicules particuliers chinois. Le fait de commercialiser ces produits a-t-il causé des écueils à votre implantation en France ?
Abdelmajid Aït Lafkih : Le groupe Bernard Hayot est un groupe français de taille importante et l’opportunité s’est présentée au Maroc. On a démarré avec les voitures chinoises après que ces dernières se sont attribué une place sur le marché algérien.
On a démarré au Maroc avec Madiva. Il n’y a pas eu d’obstacles proprement dits, on a tout simplement suivi le parcours normal en termes de création de société, d’homologation des modèles et ainsi de suite. Il est vrai que nous avons eu quelques difficultés car certains de nos fournisseurs n’étaient pas habitués à l’export. Il a fallu donc traduire toute la documentation du chinois à l’anglais puis en français. De même qu’il a fallu leur demander des efforts pour démarrer l’exportation de leurs modèles vers le marché national marocain.
Sinon, nous n’avons pas rencontré d’obstacles majeurs qui aient entravé notre implantation au Maroc. Il est vrai que pour l’utilitaire, il y avait une réticence incroyable de la part de certaines sociétés de crédit qui nous ont clairement fait comprendre qu’ils ne financeraient pas de produits chinois.
Et l’anecdote, est que deux ans après, vu le succès des véhicules chinois, ces sociétés ont signé avec nous des contrats de financement de nos véhicules. Ces sociétés ont constaté que par rapport à des marques installées depuis des années, le volume de nos ventes était nettement supérieur. Actuellement, les grandes sociétés de financement travaillent avec nous.
F. N. H. : Et avez-vous constaté une quelconque réticence de la part des compagnies d’assurance ?
A. A. : Non, aucune réticence n’est à signaler du côté des compagnies d’assurance.
F. N. H. : Qu’en est-il des clients, l’attitude du consommateur marocain a-t-elle changé vis-à-vis des voitures chinoises ?
A. A. : Le marché marocain est un marché de prix. C’est une évidence. Nous sommes en voie de développement et le client est très sensible au prix, vous n’avez qu’à revoir l’expérience de la voiture économique ; d’abord avec la Uno de Fiat et actuellement avec la Logan de Renault Dacia. Même les triporteurs ont fait le bonheur d’une catégorie de clients qui ont su créer des sources de revenus. Nos véhicules répondent aussi à des besoins spécifiques.
F. N. H. : Quid de la qualité ?
A. A. : Il n’est pas question de qualité. Je vous donne un exemple : quand l’écran Plasma a vu le jour, il coûtait 40.000 DH. Qui en est le producteur ? C’est la Chine. Aujourd’hui, il coûte à peu près 13.000 DH. Sa qualité n’est pas pour autant moindre qu’auparavant. C’est la même chose pour les médicaments : les génériques sont moins chers que les molécules originales. Le prix fort inclut la recherche et le développement, alors que nous pouvons produire à un coût moindre, notamment en tablant sur des motorisations simples. C’est là où réside le différentiel de prix.
Nos fournisseurs ne développent pas les moteurs, car cela ne sert pas à grand-chose, étant donné qu’ils produisent des moteurs simples capables de répondre à des fonctionnements précis. En général, ils optent pour des moteurs qui ont fait leurs preuves pendant plusieurs années, qu’ils adaptent à leur modèle.
Pourquoi dès lors, aller chercher des moteurs de 300 chevaux alors qu’un véhicule peut bien fonctionner avec un moteur qui développe 180 chevaux. Et c’est sans oublier que les véhicules chinois sont destinés, dans un premier temps, au marché chinois qui est un marché de volume d’où les prix bas des véhicules. Sachant que la production de véhicules en Chine bénéficie de certaines aides aux industries nationales chinoises, notamment une électricité gratuite, par exemple, qui explique la compétitivité mondiale des produits chinois.
F. N. H. : Mais il y a bien eu des précédents, notamment dans la production de jouets par exemple ?
A. A. : Effectivement ! il y a eu des cas, notamment de produits qui ne répondaient pas aux normes ou ayant des particules qui peuvent blesser un enfant. Donc, il est vrai que certains jouets sont bloqués. Mais toujours est-il que ces faits sont minimes quand on sait que la Chine concentre, à elle seule,
75 % de la production de jouets dans le monde. Pratiquement, tous les jouets qui sont actuellement dans le monde et dans les pays de l’Union Européenne sont chinois.
Il est important de noter que la Chine est en train d’organiser ses produits à l’export pour barrer le chemin aux opportunistes. Ainsi, une société qui n’est pas homologuée à l’export, ne peut pas commercialiser ses produits à l’étranger.
F. N. H. : Vous qui êtes en rapport avec des investisseurs chinois, comment expliquez-vous que bien qu’on parle de marrée jaune, ils soient peu nombreux au Maroc ?
A. A. : Ils sont là, des fois via d’autres personnes qui importent des produits chinois… Mon expérience avec les constructeurs chinois, quand on se rendait chez eux en voyage d’affaires, me permet de dire que le marché marocain est un petit marché pour eux. Mais chaque année je constate une évolution, puisque depuis, certaines sociétés chinoises orientées vers le marché national chinois ont déployé des services à l’export. Le pays a pris goût à aller à la conquête de parts de marché à l’international.
La balance commerciale du pays est largement excédentaire. En 2005, la Chine a exporté plus d’un million de camions, en plus des tracteurs et des engins de construction. Le pays est en train de se positionner également sur le marché des voitures pour devenir le plus important marché dans le monde.
F. N. H. : Mais il semble que d’autres pays africains en dehors du Maroc captent davantage des investissements chinois ?
A. A. : Cela dépend des systèmes et des pays. Les produits répondent à des besoins spécifiques et notamment à l’impératif prix. Et puis, il y a les relations politiques et les intérêts de chaque pays qui entrent en jeu.
Le Maroc reste quand même un peu en retrait vis-à-vis des investisseurs chinois.
F. N. H. : Pourtant, c’est un immense marché d’où l’intérêt du Maroc d’y être…
A. A. : Tout l’intérêt du Maroc émane de sa proximité avec l’Europe et de l’ALE qui le lie à l’UE et aux USA. Le Maroc peut en tirer profit en nouant des partenariats avec les groupes chinois dans divers secteurs qui cherchent à pénétrer les marchés européens et américains. Dès lors, ces investisseurs peuvent installer leurs unités au Maroc. Il existe beaucoup d’opportunités pour le Maroc avec la Chine. Il ne faut pas non plus oublier que c’est le troisième pays en terme de construction d’infrastructures routières, ce qui peut servir le Maroc.
F. N. H. : À la lumière de ces 2 à 3 ans d’existence de Madiva, les résultats vous encouragent-ils à investir davantage ?
A. A. : Nous continuerons à investir au Maroc. Notre réseau est très développé et, nous sommes déjà présents au niveau de plusieurs villes marocaines avec 15 points de vente.


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