Sécurité internationale : comment le Maroc s'est imposé comme une référence mondiale    Sahara : Désenchanté, Abdelmadjid Tebboune se contente d'un soutien timide au Polisario    Sans perspective réelle, nouveau recours du polisario contre l'accord commercial Maroc-UE    Du prince du Qatar à la CAN 2025 : Comment le Maroc est devenu la destination star de fin d'année    Maroc : Vers la généralisation du paiement électronique des amendes routières    La Bourse de Casablanca débute l'année dans le vert    Iran: au moins 1.500 condamnés à mort exécutés en 2025, record "depuis plus de 35 ans"    Covid-19 : une menace persistante pour les plus vulnérables    Maduro se dit "prêt" à discuter avec Washington de lutte antidrogue, pétrole ou d'accords économiques    Football marocain : De la CAN au Mondial 2030, vitrine et unité du Maroc    CAN 2025 : La CAF fait son premier bilan et dévoile son tableau final    FRMF / Arbitrage : Grille des indemnités perçues par les arbitres    CAN Maroc 2025 : Séisme au Gabon après l'élimination des Panthères    CAN 2025: les 8es de finale entre tactique, puissance et vieilles rivalités    CAN 2025 : le Gabon suspend sa sélection après une élimination jugée désastreuse    Perturbations météorologiques: Suspension des cours vendredi soir et samedi à Inezgane Ait Melloul    Intempéries : suspension des cours vendredi et samedi à Taroudant    La BD "Astérix en Lusitanie" a fait 1,65 million de ventes en France    USA : Trump repousse d'un an l'augmentation des droits de douane sur l'ameublement    Walid Regragui : Quel est le salaire du sélectionneur marocain ?    Huit morts dans de nouvelles frappes américaines contre des embarcations de « narcotrafiquants »    La France fait face à une multiplication de cyberattaques de sites stratégiques    Marrakech: effondrement d'un immeuble en construction, aucun blessé ni décès à déplorer (Autorités locales)    Cours des devises du vendredi 02 janvier 2026    Nouvel An : SM le Roi échange des messages de félicitations avec des Chefs d'Etat et de gouvernement de pays frères et amis    Sahara : un drone des FAR détruit un véhicule d'orpailleurs dans la zone tampon    Le chinois BYD domine le marché mondial des véhicules électriques en 2025    Alerte Météo : Fortes pluies, chutes de neige et vent fort vendredi et samedi    Casablanca : Dispositif sécuritaire renforcé pour les festivités du Nouvel An    Le président chinois Xi Jinping prononce son discours à l'occasion du Nouvel An    Ali Bourni : une diplomatie parallèle discrète    Températures prévues pour vendredi 02 janvier 2026    CAN 2025: Avec 5.400 demandes d'accréditation, l'engouement médiatique bat tous les records    Bureaux de change : Damane Cash et la FMSCD s'allient pour moderniser les transactions    DGSN : Avancement de 8.913 fonctionnaires de police au titre de l'exercice budgétaire 2025    Office des changes : les transferts des MRE en hausse à plus de 111,53 MMDH à fin novembre    Casablanca: deux mineurs déférés devant la justice suite à l'arrachage du drapeau d'un pays participant à la Coupe d'Afrique des Nations    Bourse de Casablanca : le MASI gagne 1,30% en décembre 2025    Madonna passe les fêtes de fin d'année à Marrakech    Elias Al-Malki se beneficiará de una pena alternativa con 900 horas de servicio comunitario.    Procédure civile : le texte recadré par la Cour arrive au Parlement    Réforme des retraites : Nadia Fettah Alaoui rejette le discours alarmiste et plaide pour un consensus    Brigitte Bordeaux - Brigitte Bardot    Musique et arts de la scène : 56 projets soutenus au titre de la 2e session de 2025    Marrakech : l'exposition « Mohammed Ben Allal, récits du quotidien » au musée Jamaâ el-Fna    CAN 2025 : Marrakech vue de l'Ouganda    Malgré les stéréotypes, le darija gagne en popularité parmi les apprenants étrangers de l'arabe    Vernissage de l'exposition nationale «60 ans de peinture au Maroc» le 6 janvier 2026    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



L’islamisme menace-t-il l’institution scolaire ?
Publié dans Finances news le 24 - 03 - 2005

À chaque époque, des voix s’élèvent pour s’inquiéter du manque de pertinence des connaissances acquises à l’école ou de la difficulté de les mobiliser en dehors des périodes d’examen. Mais quand des voix s’élèvent pour manifester contre le prosélytisme au sein des écoles, collèges ou lycées, on doit se demander quel est le vrai rôle de l’école dans une société hétérogène comme la nôtre. Ne serait-il pas judicieux d’immuniser l’école contre certaines idéologies et positions politiques à même de compromettre son rôle initial ?
Quand une enseignante d’éducation islamique dans un collège renvoie une élève juste parce que cette dernière porte un t-shirt demi-manche, quand une autre apporte des CD d’un prédicateur égyptien, quand un professeur met à la porte une élève parce qu’elle ne porte pas le voile, n’y a-t-il pas de quoi s’inquiéter ?
Les transformations de notre société et les questions d’actualité affectent certainement l’école. Mais, est-ce le terrain indiqué pour débattre des divergences ?
En tout cas, l’école marocaine, qui doit être un lieu d’éveil de la conscience critique, n’est plus épargnée. C’est d’autant plus grave qu’au lieu de protéger des mineurs, favoriser leur émancipation, leur intégration dans la société où ils vivent et leur apprendre l’autonomie individuelle, l’école expose très tôt les jeunes à subir les divergences de plusieurs façons.
La dangerosité de cette exposition réside dans le fait que les adolescents ou élèves sont, à ce stade de leur vie, encore fragiles, sujets aux influences et aux pressions extérieures. L’école doit leur permettre d’acquérir les outils intellectuels destinés à assurer à terme leur indépendance critique.
D’où la nécessité de défendre la liberté de conscience individuelle contre tout prosélytisme. Et cette exigence s’applique d’abord à l’enseignement où les élèves doivent pouvoir s’instruire dans un climat de sérénité afin d’accéder à l’autonomie de jugement et du choix une fois en âge de décider de leur sort.
L’école au centre des batailles idéologiques
Ceci, bien évidemment, devra se faire dans le respect de notre identité arabo-musulmane tout en s’inscrivant dans une démarche d’ouverture sur l’autre, pour barrer le chemin à ceux qui prétendent être plus musulmans que les uns, ou plus démocrates que les autres. Car, honnêtement, il n’y a pas que l’islamisme montant qui peut constituer une menace pour l’école, mais aussi l’absentéisme, les programmes fades, des classes en sur-effectifs, la condition financière des enseignants qui laisse à désirer, qui ne les motive pas à s’inscrire dans une démarche positive de mise à niveau de l’école, etc.
Actuellement, les revendications liées à des prescriptions idéologiques ou autres vont, à terme, affecter sérieusement les missions de l’enseignement. En effet, il est inadmissible qu’un prof donne ses notes sur la base de la conformité de ses élèves à ses propres idéologies, comme cela a été le cas dans un collège de la ville de Kénitra. De même, il est inacceptable qu’on ravisse son droit au savoir à une fille qui porte le voile pour faire plaisir à un prof « anti-voile ».
Ceci met sérieusement en cause le lien social qu’est censée produire l’école et cette cohésion entre toutes les composantes de la société. L'école joue un rôle dans l'intégration sociale de plusieurs façons. Le sociologue Emile Durkheim l'a mis en évidence. Mais, elle a de plus en plus de difficulté à jouer son rôle d'institution, puisqu’on croit de moins en moins au rôle de l'école pour favoriser l'ascension sociale. Eh ben, nous avons tort. L’école est le laboratoire de la société; tout ce qui s’y fait se répercute directement sur la vie des citoyens.
Redéfinir le rôle de l’école
Aujourd'hui, l'école est traversée par de nombreux conflits, à l’image de la société elle-même. Son rôle est à redéfinir, puisque c’est elle qui doit inculquer les normes et les valeurs de façon impersonnelle et non pas se soumettre aux exigences d’une mouvance.
Elle est traversée par un phénomène d'incivilité et de non-respect des règles de vie en société. Elle doit donc renforcer, voire se substituer à l’entourage des élèves en transmettant des règles de civilité et de vie en société.
Bien sûr, les enseignants sont tous influencés par les conséquences de décisions qui relèvent du pouvoir politique ou idéologique, mais il est important que leurs divergences ne soient plus débattues dans les classes. Il ne s’agit pas pour eux de reproduire leurs clones, mais de transmettre le savoir.
Parce qu’à l’école, l’apprentissage de la vie en commun passe par une certaine réserve dans l’affirmation de son identité philosophique, politique ou idéologique.
Rappelons que l’école doit non seulement donner les garanties de la neutralité, mais en présenter aussi les apparences.
Aujourd’hui, il ne s’agit pas de légiférer comme ce fut le cas en France, car nous sommes un pays musulman et non laïc, mais de contrôler ce qui se fait dans les écoles. L’école doit assurer à tous les élèves des chances égales d’émancipation sociale et participer à la promotion d’un idéal commun et non communautaire. Cela vaut aussi bien pour les islamistes que pour les autres courants ultramodernistes.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.