La nouvelle décision des Etats-Unis de se retirer de l'accord de Paris sur le climat, annoncée par le président Donald Trump dès son retour à la Maison-Blanche, menace de fragiliser les efforts mondiaux de lutte contre le réchauffement climatique. L'Afrique, déjà en première ligne face aux catastrophes climatiques, pourrait en payer le prix fort. Contrairement au précédent retrait de 2020, rapidement annulé par Joe Biden après son élection, cette nouvelle sortie prendra effet dans un an et pourrait durer jusqu'en 2029, selon l'issue de l'élection présidentielle américaine. «Contrairement au précédent retrait, qui n'a duré que 107 jours avant le retour des Etats-Unis en 2021, il existe cette fois une marge suffisante pour causer des dommages significatifs aux efforts climatiques mondiaux», alerte l'Institute for Security Studies (ISS) dans son dernier rapport. Un financement climatique en péril La première conséquence majeure concerne les financements alloués aux pays en développement pour leur transition énergétique et leur adaptation aux changements climatiques. Washington avait jusqu'ici joué un rôle clé dans les mécanismes de soutien aux pays vulnérables, notamment via le Fonds vert pour le climat ainsi que le tout nouveau Fonds pour les pertes et dommages. La décision américaine met en péril ces engagements et risque d'entraver des projets cruciaux. L'ISS met en garde : «Une première victime pourrait être l'engagement de 300 milliards de dollars pris par les pays développés lors de la COP29 à Bakou.» Cette défection pourrait également affaiblir la participation américaine aux fonds internationaux et priver les nations africaines de ressources essentielles pour financer la transition énergétique. Les Partenariats pour une transition énergétique juste (JETP), destinés à accompagner le passage à une croissance sobre en carbone, sont directement menacés. «L'avenir de ces transitions énergétiques est sombre à court terme, car les Etats-Unis ont été jusqu'ici un partenaire principal», souligne le rapport. L'Afrique du Sud et le Sénégal, qui bénéficient déjà de ces partenariats ainsi que le Maroc, l'Egypte et la Côte d'Ivoire, où des projets pilotes sont en cours, risquent d'être affectés par la réorientation des priorités américaines.