Le journaliste Lhoussine El Boukili tire sa révérence    Casablanca accueille le débat sur l'avenir : lancement de la première édition du colloque international « Le design et la communication comme leviers de l'innovation et de la transformation au Maroc »...    GPBM/Inondations : le secteur bancaire se mobilise aux côtés des sinistrés    ONU : La rapporteuse spéciale sur la torture attendue au Maroc en mars    Affaire des incidents de la finale de la CAN : le parquet de Rabat démonte les contrevérités sur les mis en cause sénégalais    Inondations : Comment le Maroc est passé de la gestion de crise à la gestion de risque    Inde: le Maroc séduit les professionnels du tourisme à l'OTM 2026    Les liaisons maritimes reprennent entre les ports d'Algésiras et Tanger Med    Sahara : Un projet de 4,5 milliards de dollars pour produire de l'ammoniac vert à Laâyoune    L'aéroport de Berlin-Brandebourg à l'arrêt en raison du verglas    Iran – Etats-Unis : Des pourparlers indirects relancés à Oman    Grèce : Un Marocain arrêté après la mort de 15 migrants sur une embarcation    Royaume-Uni : plusieurs cas d'intoxication après le rappel de laits infantiles    Coupe Davis : Le Maroc face à la Colombie pour une place en Groupe mondial I    Pietro Tranchina représentera le Maroc à la Coupe du monde de ski alpin et aux JO d'hiver 2026    Le kickboxeur maroco-néerlandais Yassin Airad fait ses débuts sur la scène mondiale    La Academia de Tánger-Tetuán-Alhucemas hace un llamado a las academias regionales para que reciban a los estudiantes de las zonas afectadas por las inundaciones.    L'Académie de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma appelle les académies régionales à accueillir les élèves des zones touchées par les inondations.    154,309 evacuated so far as flood precautions continue in Morocco    Reboisement : ambition contrariée    Orange Maroc accompagne le secteur de la santé dans sa transformation digitale    Approvisionnement en carburants. Le ministère se veut rassurant    Amine Adli enchaîne les matchs et vise le Mondial avec le Maroc    Fegafoot: 605 dossiers pour le poste de sélectionneur national    Accord de don BAD-BAM pour développer les e-paiements et renforcer l'inclusion financière    La Fédération royale marocaine de football dément la rumeur concernant la démission de Walid Regragui de la sélection nationale    Coupe du Roi : Barça-Atlético et Real Sociedad-Athletic Bilbao en demi-finales    FIFA : record de transferts au mercato hivernal, les clubs anglais les plus dépensiers    Sidi Kacem : des aides alimentaires acheminées par hélicoptère aux personnes encerclées par les eaux    Alerte météo : fortes pluies et rafales de vent ce week-end dans plusieurs régions    Caftan Week 2026 : les designers qui porteront le "Souffle de l'Atlas"    162 morts au Nigeria : Kwara sous contrôle militaire    À Figuig, des gestes frontaliers algériens ravivent une tension contenue par le Maroc    Liberté d'expression : le Maroc inscrit dans les dynamiques régionales et numériques mondiales    Seghrouchni au Koweït pour des rencontres sur la coopération numérique    Le dossier du Sahara marocain conforte la position de Rabat au sein des alliances afro-britanniques    Défense : un programme à 8,5MM $ avec les Etats-Unis    Congo: le président Sassou Nguesso annonce sa candidature à la présidentielle du 15 mars    Al Hoceima : réouverture de plusieurs axes routiers après les intempéries    Le temps qu'il fera ce vendredi 6 février 2026    La NASA ouvre enfin la porte aux smartphones dans l'espace    Marché Dar Essalam à Rabat: ouverture de l'aile ouest et du cinéma Pathé    « Le Maroc en Musique » : l'AMMA lance sa saison culturelle 2026    Crowdfunding: la campagne de Mazaya pour soutenir les jeunes talents    Le FICAM® revient pour une 24e édition axée sur la jeunesse    Télévision : 2M dévoile son menu ramadanesque    Décès du Chef Kimo, figure appréciée de la cuisine populaire    Le Maroc et l'Espagne sont liés par des relations culturelles enracinées (Ambassadeur d'Espagne au Maroc)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Promulgation du Code de la famille le 3 février 2004
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 31 - 12 - 2010


Un tournant historique pour les droits des femmes
Le 10 octobre 2003 est une date qui restera gravée dans la mémoire des Marocains. Lors de la session inaugurale parlementaire, Sa Majesté le Roi Mohammed VI annonce les grandes lignes du nouveau Code de la famille. Onze points substantiels sont mentionnés : les époux ont la responsabilité conjointe de la famille, la femme n'a plus besoin de tutelle pour se marier, l'âge du mariage est fixé à dix-huit ans pour les deux sexes, la polygamie est quasiment interdite, simplification de la procédure de mariage pour les MRE, possibilité pour la femme de demander le divorce en cas de préjudice, répartition des biens acquis au cours du mariage, préservation des droits de l'enfant. En réalité, le Souverain avait envisagé cette réforme depuis son accession au Trône. «Comment espérer assurer progrès et prospérité à une société alors que ses femmes, qui en constituent la moitié, voient leurs droits bafoués et pâtissent d'injustice, de violence et de marginalisation, au mépris du droit à la dignité et à l'équité que leur confère notre sainte religion ?», avait déclaré SM le Roi dans son discours du 20 août 1999. Ce nouveau code qui marque un tournant en améliorant les droits de la femme a été le fruit de plusieurs années de combat des associations féminines. Leurs revendications avaient été formulées en 1998 sous la forme d'un «plan d'action pour l'intégration des femmes au développement». Ce plan qui avait été préparé par un collectif de féministes rassemblait près de 200 mesures relatives à l'amélioration des droits de la femme. Il se heurta à l'opposition des conservateurs qui jugeaient inacceptable que le référentiel universaliste l'emporte sur le référentiel religieux. Ce clivage va se manifester à travers deux grandes marches le 12 mars 2000. L'une rassemblera à Rabat les défenseurs de ce grand projet, l'autre réunira à Casablanca les opposants. Ces deux manifestations ont constitué le point de départ d'une profonde réflexion sur la véritable situation de la femme au Maroc. Ce projet sera enterré en 2003. Après les attentats du 16 mai, les islamistes n'étaient plus en mesure de contester cette réforme. La loi réformant le Code de la famille est finalement votée par le Parlement en 2004. Le nouveau code de la famille promulgué le 3 février 2004 (Dahir n°1.04.22) entre en vigueur le 5 février 2004. Six ans après son adoption, il continue d'alimenter les débats. De nombreuses avancées ont été réalisées pour ce qui est l'égalité au niveau de la responsabilité familiale et au niveau des droits et des devoirs des deux époux, du droit de garde des enfants, de la fixation de l'âge minimum du mariage... L'impact du Code de la famille s'est fait sentir à travers la diminution du nombre des divorces en passant de 44.922 en 2003 à 24.170 en 2009, soit une baisse de près de 50% en 6 ans. Autre acquis : l'Etat garantit la Nafaqa. Le Fonds d'entraide familiale porté par le projet de loi de Finances 2011 permettra de verser une pension alimentaire aux femmes dont l'ex-époux se retrouve dans l'incapacité d'honorer ses engagements, en plus de celles qui attendent que le tribunal statue sur le montant de la pension. Malgré ces avancées, le Code de la famille a montré de nombreuses limites. à commencer par le mariage des mineures, un phénomène en nette progression dans notre pays. Selon les statistiques du ministère de la Justice, 33.253 mineures se sont mariées en 2009 contre 30.685 en 2008, soit 2.568 mariages de plus en l'espace d'une année. Cette augmentation des mariages a été pointée du doigt par les associations féminines et les organisations des droits de l'Homme. Pour ces associations, cette hausse traduit la non application du Code de la famille. Ces militantes des droits des femmes jugent scandaleux que des magistrats continuent de contourner la loi en autorisant ces mariages. Les parents ont aussi leur part de responsabilité et doivent être sanctionnés pour leurs actes qui constituent une violation des droits de l'enfant. Le mariage précoce persiste à cause de la pauvreté et de l'analphabétisme. Dans les campagnes et les quartiers pauvres, la pratique est monnaie courante. Pensant assurer l'avenir de leurs enfants, bon nombre de parents n'hésitent pas à marier leurs filles mineures dès que l'occasion se présente. Du côté de la Ligue démocratique des droits des femmes (LDDF), deux raisons principales expliquent l'ampleur de ce phénomène : la méconnaissance des dispositions du Code de la famille et l'analphabétisme. Pour la LDDF, la lutte contre ce phénomène passe par l'obligation à la scolarisation. D'autres types de mariages échappent toujours au contrôle de l'Etat. Il s'agit des mariages avec la Fatiha. Dans les régions rurales, de nombreux couples continuent de se marier en lisant tout simplement la «Fatiha» en présence de quelques témoins. Un homme qui s'unit à une femme par la Fatiha peut se séparer d'elle à n'importe quel moment et la laisser se livrer à son propre sort. L'absence d'un acte de mariage officiel a des conséquences très graves et plus particulièrement pour les enfants. Sans livret de famille, se pose le problème de succession en raison de l'impossibilité d'établir la filiation. Selon la loi, les descendants sont considérés comme illégitimes. Il est inutile de rappeler que, grâce à ce document, les droits de milliers de femmes et d'enfants sont assurés que ce soit en termes de pension alimentaire que de garde des enfants. Autre phénomène persistant : la polygamie. Si la polygamie est soumise à l'autorisation du juge et à des conditions légales draconiennes qui la rendent presque impossible, il est navrant de constater que celle-ci persiste.Les mariages polygames ont connu une hausse. Ainsi, leur taux est passé de 0,27 en 2008 à 0,31% en 2009.
Un code qui protège les enfants
La garde de l'enfant fait partie des devoirs qui incombent aux deux parents pendant le mariage. Elle «consiste à préserver l'enfant, dans la mesure du possible, de ce qui pourrait lui être préjudiciable, à l'élever et à veiller à ses intérêts» (art. 163).En cas de divorce, la garde est confiée en priorité à la mère. Viennent ensuite, par ordre de priorité, le père, la grand-mère maternelle. A défaut, le tribunal confie la garde à celui qu'il estime être le plus apte à l'assumer parmi les proches. La garde se poursuit jusqu'à l'âge de la majorité, fixé à 18 ans pour le garçon comme pour la fille. L'enfant ayant atteint l'âge de quinze années révolues a le droit, quel que soit son sexe d'être placé sous la garde de sa mère ou celle de son père en cas de rupture du lien conjugal. A défaut, il peut choisir l'un de ses proches, à moins que cela n'entre en contradiction avec son intérêt , et ce avec l'accord de son tuteur légal . A défaut de cet accord, le tribunal est compétent pour entériner le choix de l'enfant gardé ou pour désigner le gardien qu'il estime le mieux indiqué. La rémunération de la garde est due par le redevable de la pension alimentaire de l'enfant. Elle est distincte de la rémunération due au titre de l'allaitement et l'entretien. La mère ne peut prétendre à cette rémunération pendant le mariage ou pendant la période de viduité suite à un divorce révocable.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.