L'Organisation marocaine des droits de l'homme dénonce les discours de haine contre les migrants après la CAN 2025    Maroc – Sénégal : Un lien de l'âme et de l'Histoire que nul match ne saurait rompre [Tribune]    Les alliés du Polisario entendent associer les «démocrates marocains» à leur plan    Coopération sécuritaire : le Maroc renforce ses partenariats stratégiques avec le Royaume-Uni, le Gabon et la Malaisie    SM le Roi nomme 24 auditeurs en qualité de magistrats de deuxième grade auprès des juridictions financières    Maroc-Espagne: Le Chef du gouvernement présente ses condoléances à Pedro Sánchez    Intempéries : suspension des liaisons maritimes entre Tarifa et Tanger    Pour contrer le Conseil de paix de Trump, le Canada plaide pour un nouvel ordre mondial    Le vol Jet2 Glasgow – Agadir immobilisé à cause du malaise d'un passager    2025 parmi les trois années les plus chaudes pour l'océan (étude)    La Fédération nigériane de football dément toute altercation avec Fouzi Lekjaa    CAN 2025 : Amendes et suspensions, la CAF frappe fort contre l'Algérie    CAN 2025 : Le Maroc et l'Egypte misent sur l'apaisement et l'esprit sportif    Marrakech-Ménara: arrestation d'un Français pour falsification et trafic de drogues    Alerte météo : chutes de neige et fortes pluies de mercredi à samedi    La Chambre des conseillers adopte le projet de loi relatif à l'enseignement scolaire    Marruecos - Senegal: Un vínculo del alma y de la Historia que ningún partido podría romper [Tribuna]    Marruecos: 4 plantas desalinizadoras para una capacidad de 567 millones de m3 al año    La Federación Nigeriana de Fútbol desmiente cualquier altercado con Fouzi Lekjaa    Le MEN annule et refait des examens fuités    Maroc : «La mer au loin» de Saïd Hamich Benlarbi fait sa sortie nationale    Akhannouch : L'Etat social et la réforme économique, piliers du développement du Maroc    Partenariat stratégique : l'Union européenne mobilise près de 2,5 milliards de dirhams pour accompagner les grandes réformes du Maroc    Stades : la colonne vertébrale d'un héritage durable    CAN 2025 : un rayonnement continental devenu global    Processus : le "modèle marocain", des performances isolées aux résultats pérennes    Maroc 2026 : Les 16 équipes désormais connues    Mounir Sada : "Le Royaume s'impose comme un pays émergent crédible" (VIDEO)    ONU Tourisme. Le Maroc première destination en Afrique    La Chine réalise 50 lancements spatiaux commerciaux en une seule année    Présidentielle : Touadéra s'impose largement    Les Etats-Unis annoncent la saisie d'un nouveau pétrolier dans les Caraïbes    Le Japon redémarre la plus grande centrale nucléaire au monde    Groenland : la France demande "un exercice de l'Otan", se dit "prête à y contribuer"    Ressources génétiques : le Maroc structure une gouvernance verte et inclusive    TSAV : Paiement au plus tard le 31 janvier    Musique : Le Kilele Summit signe son retour à Nairobi    8M2, Quand le rire s'invite derrière les barreaux : Une comédie à huis clos où l'absurde devient libérateur    « L'avenir est prometteur », le message d'Achraf Hakimi après la finale de la CAN 2025    Situation hydrique : Les barrages du Maroc retrouvent 48 % de remplissage    Documents et relevés de compte falsifiés : la CDG met en garde contre les sources non officielles    Déclaration de chômage d'établissement : la DGI rappelle l'échéance du 31 janvier    «Facture Texture», l'exposition de Mohamed Aaouina à la Fondation Hassan II pour les MRE    Festival Foot & Drums : Le rythme du pas, au croisement des cultures    Sahara marocain : la Suède soutient le plan marocain d'autonomie    "La Mer au loin", le nouveau film de Saïd Hamich Benlarbi, en salles à partir du 21 janvier    L'OPM présente à Rabat le ballet Casse-Noisette de Tchaïkovski    L'Oriental Fashion Show 2026 à Paris : Quand la mode devient mémoire    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Edition : Un décalage indicible
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 30 - 12 - 2002

Selon un rapport de l'Organisation des Nations unies, la culture arabe aurait stagné. Au point que les livres édités par l'ensemble arabe pendant des siècles représenteraient l'équivalent du produit quotidien espagnol en matière d'édition !
La comparaison avec la langue de servantes est édifiante. Le castillan (espagnol parlé dans la péninsule ibérique) est véhiculé par un peu plus de 330 millions de personnes dans le monde. Autant que la population arabe, du Maghreb au Machreq. Outre l'Espagne, le castillan est parlé dans toute l'Amérique latine (centrale et du Sud), exception faite du Brésil et aux Etats-Unis (Floride notamment) avec plus de 22 millions de personnes. Ce qui en fait la quatrième langue mondiale.
Le rapport onusien compare la production littéraire espagnole quotidienne au produit de plusieurs siècles arabes. La comparaison ne peut dépasser ces termes. Autrement dit, la nation arabe vit en pleine misère, en dépit de ses potentialités économiques et de son histoire ancienne.
Les raisons d'un tel déclin sont multiples. D'abord, il y a les entraves techniques. Ce n'est qu'au milieu du XIX ème siècle que l'imprimerie arabe a commencé à faire son chemin. Les tentatives antérieures remontent au XVI et XVII siècles et étaient l'œuvre d'Arabes de la communauté chrétienne, tant au Proche-Orient qu'en Europe (notamment en France et en Italie). Mais les raisons du retard sont aussi à chercher dans la sphère économique, puisque la puissante corporation vivait des manuscrits et manifestait une résistance inouïe à l'introduction et à la modernisation de l'édition arabe. Il a fallu batailler énormément pour parvenir à la restitution typographique de l'écriture arabe. La langue espagnole profitera du siècle des lumières pour consolider l'apologie des siècles précédents. Tant dans le domaine littéraire que dans les publications politiques, scientifiques et culturelles. Les Arabes resteront figés sur leurs acquis séculaires et la communication par l'impression butera encore aux impératifs politique-religieux. Les oulémas, véritables détenteurs du pouvoir culturel, manifestaient une opposition farouche à l'abandon du manuscrit et à l'introduction des réformes. La tradition est érigée en raison suffisante pour faire perdurer le monopole du savoir au nom de la vérification des textes que la nouvelle imprimerie pourrait chambouler. Ainsi, la transmission du savoir s'est vue amputée d'une grande opportunité et ce n'est que grâce aux travaux d'Européens que l'impression de textes arabes s'est produite. L'objectif était de permettre une meilleure compréhension des communautés chrétiennes d'Orient et une connaissance des textes arabes originaux. Des objectifs rendus impossibles, suite aux décisions politiques de l'Empire ottoman à la fin du XV siècle et au début du XVI ème siècle. Les impressions réalisées en Europe auront peu d'impact en dans le monde arabe et se soldèrent par un fiasco commercial.
La première imprimerie ne sera installée en Syrie qu'au début du XVIII ème siècle. La production imprimée sera extêmement faible : une trentaine d'ouvrages en presqu'un siècle !
Il va falloir attendre le XIX ème siècle et l'arrivée de la lithographie qui constituera une révolution dans la transmission du savoir arabe et étranger. Cette technique a permis la reproduction fidèle des textes arabes et donc des formes de la calligraphie. Entre temps, les copistes s'adaptèrent à la «nouvelle technologie» et opérèrent des quelques reconversions qui s'imposaient. La transcription passe du papier à la pierre et l'édition imprimée prend son essor.
L'Egypte n'aura sa première imprimerie (une presse) qu'en 1798, avec l'expédition de Bonaparte et Le Caire aura, grâce à l'implication de l'armée, la plus importante imprimerie en 1822 qui alimentera le monde arabe en livres et publications . La capitale égyptienne deviendra aussi, dès la fin du XIX ème siècle, la capitale du monde de l'édition arabe avec plus de 10.000 ouvrages publiés. Cette embellie est due à la libéralisation de l'espace de l'édition, auparavant détenu par l'imprimerie officielle de l'Etat.
Mais l'implication tardive des Arabes dans l'impression des caractères mobiles n'est pas la raison principale de la misère d'aujourd'hui. En peu de temps, on peut réaliser bien des exploits. Or, à ne considérer que la seconde moitié du siècle dernier, quand les pays arabes ont obtenu leur indépendance, l'on ne peut se réjouir, globalement, de l'état d'avancée de l'édition.
Notre nation lit et produit peu. C'est une question d'éducation et de culture, beaucoup plus que de pouvoir d'achat ou d'ignorance. Certes, le livre reste cher chez nous, mais la question reste celle du contenu qui peut accrocher le lecteur et faire prospérer les éditeurs et la société. Encore une guerre perdue. Il faudra en préparer une autre où tout sera entrepris pour la gagner. Une question malheureusement liée aussi à la nature des pouvoirs politiques et de leurs orientations en matière de culture. Tout un programme !


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.