Sahara : ce que le Polisario a réclamé lors des négociations de Madrid    Maroc : Le roi félicite Mohamed Chouki, élu président du RNI    Espagne : Le Polisario tenu à l'écart des consultations bilatérales menées par Albares    Maroc : Adoption de l'horaire continu (09h-15h) pendant le ramadan    RAM : 6 nouvelles liaisons entre le nord du Maroc et l'Europe    Barrage d'Oued El Makhazine: Situation stable avec une baisse du niveau de la retenue    Inondations : les Emirats arabes unis expriment leur solidarité avec le Maroc    Mondial 2030 : Fouzi Lekjaa appelle à la concertation entre acteurs publics et privés    Ramadan working hours adjusted for Moroccan government offices and institutions    Fulbright scholars celebrated at Morocco–US reception in Washington    Nouvelle circulaire sur les règles d'interrogatoire devant le Ministère public    Ramadan sur Athakafia : Une programmation alliant spiritualité et découverte    Namibie. Plus de 80 % du territoire menacé par l'aridité    Intempéries. Le Crédit Agricole du Maroc se mobilise pour soutenir les zones sinistrées    Intempéries : Reprise progressive des cours dès ce mardi    Taza : Crues et évacuations d'urgence    Energies renouvelables : le Kenya mise sur la chaleur de la terre    Le musicien ghanéen Ebo Taylor s'est éteint à l'âge de 90 ans    Ramadan 2026 : 2M met à l'honneur la production nationale    « Twehechtek » : quand Sara Moullablad donne une voix au manque    Ministère public : nouvelles directives sur les règles d'interrogatoire des personnes déférées    CAN 2025 : beIN SPORTS annonce une audience record    OM : l'avenir de Medhi Benatia de plus en plus incertain à l'OM    Les matchs en retard bousculent la Botola avant le Ramadan    José Mourinho en pole position pour diriger le Portugal après le Mondial 2026    France : 2025, année du réveil du crédit immobilier    Office des changes : le système d'information au cœur d'un tournant stratégique    Hamid Bentahar : "Nous refusons déjà des clients faute de capacité"    Mondial 2030 : Lekjaa souligne le rôle central de la Vision Royale dans le succès marocain    Lutte contre la corruption : L'INPPLC et l'ANGSPE s'allient pour renforcer les principes de probité    Les fortes pluies ont endommagé 163 routes et fermé plusieurs axes dans le Nord    Xi Jinping : l'autonomie en sciences et technologies..clé de la construction de la Chine moderne    Sénégal: Un étudiant tué après des affrontements avec les forces de l'ordre    Inondations : les Emirats arabes unis expriment leurs condoléances et leur solidarité avec le Maroc    Zone OCDE : l'inflation globalement stable à 3,7% en décembre 2025    Le Marché dar Essalam enrichit le quotidien avec l'ouverture de son aile ouest et du cinéma pathé    Arsène Wenger tranche : le Maroc au niveau des géants européens    Liga : Villarreal à l'affût pour Sofyan Amrabat ?    Le retour d'Azzedine Ounahi se précise après des semaines d'absence    Washington intercepte un pétrolier défiant le blocus sur le Venezuela    Maroc : La Cour des comptes pointe les retards et failles des programmes de développement territorial    Grève ferroviaire en Espagne : un accord trouvé pour améliorer la sécurité des conducteurs et du réseau    Températures prévues pour le mercredi 11 février 2026    Casablanca : Une campagne pour réorganiser les terrasses de cafés dans le quartier 2 Mars    Amara : Le chantier de généralisation de la protection sociale, un choix stratégique impulsé par le Roi    L'Année au Galop    SNRT unveils Al Aoula's Ramadan 2026 schedule with diverse programming    CMG achève la quatrième répétition du Gala du Nouvel An chinois 2026    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Edition : Un décalage indicible
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 30 - 12 - 2002

Selon un rapport de l'Organisation des Nations unies, la culture arabe aurait stagné. Au point que les livres édités par l'ensemble arabe pendant des siècles représenteraient l'équivalent du produit quotidien espagnol en matière d'édition !
La comparaison avec la langue de servantes est édifiante. Le castillan (espagnol parlé dans la péninsule ibérique) est véhiculé par un peu plus de 330 millions de personnes dans le monde. Autant que la population arabe, du Maghreb au Machreq. Outre l'Espagne, le castillan est parlé dans toute l'Amérique latine (centrale et du Sud), exception faite du Brésil et aux Etats-Unis (Floride notamment) avec plus de 22 millions de personnes. Ce qui en fait la quatrième langue mondiale.
Le rapport onusien compare la production littéraire espagnole quotidienne au produit de plusieurs siècles arabes. La comparaison ne peut dépasser ces termes. Autrement dit, la nation arabe vit en pleine misère, en dépit de ses potentialités économiques et de son histoire ancienne.
Les raisons d'un tel déclin sont multiples. D'abord, il y a les entraves techniques. Ce n'est qu'au milieu du XIX ème siècle que l'imprimerie arabe a commencé à faire son chemin. Les tentatives antérieures remontent au XVI et XVII siècles et étaient l'œuvre d'Arabes de la communauté chrétienne, tant au Proche-Orient qu'en Europe (notamment en France et en Italie). Mais les raisons du retard sont aussi à chercher dans la sphère économique, puisque la puissante corporation vivait des manuscrits et manifestait une résistance inouïe à l'introduction et à la modernisation de l'édition arabe. Il a fallu batailler énormément pour parvenir à la restitution typographique de l'écriture arabe. La langue espagnole profitera du siècle des lumières pour consolider l'apologie des siècles précédents. Tant dans le domaine littéraire que dans les publications politiques, scientifiques et culturelles. Les Arabes resteront figés sur leurs acquis séculaires et la communication par l'impression butera encore aux impératifs politique-religieux. Les oulémas, véritables détenteurs du pouvoir culturel, manifestaient une opposition farouche à l'abandon du manuscrit et à l'introduction des réformes. La tradition est érigée en raison suffisante pour faire perdurer le monopole du savoir au nom de la vérification des textes que la nouvelle imprimerie pourrait chambouler. Ainsi, la transmission du savoir s'est vue amputée d'une grande opportunité et ce n'est que grâce aux travaux d'Européens que l'impression de textes arabes s'est produite. L'objectif était de permettre une meilleure compréhension des communautés chrétiennes d'Orient et une connaissance des textes arabes originaux. Des objectifs rendus impossibles, suite aux décisions politiques de l'Empire ottoman à la fin du XV siècle et au début du XVI ème siècle. Les impressions réalisées en Europe auront peu d'impact en dans le monde arabe et se soldèrent par un fiasco commercial.
La première imprimerie ne sera installée en Syrie qu'au début du XVIII ème siècle. La production imprimée sera extêmement faible : une trentaine d'ouvrages en presqu'un siècle !
Il va falloir attendre le XIX ème siècle et l'arrivée de la lithographie qui constituera une révolution dans la transmission du savoir arabe et étranger. Cette technique a permis la reproduction fidèle des textes arabes et donc des formes de la calligraphie. Entre temps, les copistes s'adaptèrent à la «nouvelle technologie» et opérèrent des quelques reconversions qui s'imposaient. La transcription passe du papier à la pierre et l'édition imprimée prend son essor.
L'Egypte n'aura sa première imprimerie (une presse) qu'en 1798, avec l'expédition de Bonaparte et Le Caire aura, grâce à l'implication de l'armée, la plus importante imprimerie en 1822 qui alimentera le monde arabe en livres et publications . La capitale égyptienne deviendra aussi, dès la fin du XIX ème siècle, la capitale du monde de l'édition arabe avec plus de 10.000 ouvrages publiés. Cette embellie est due à la libéralisation de l'espace de l'édition, auparavant détenu par l'imprimerie officielle de l'Etat.
Mais l'implication tardive des Arabes dans l'impression des caractères mobiles n'est pas la raison principale de la misère d'aujourd'hui. En peu de temps, on peut réaliser bien des exploits. Or, à ne considérer que la seconde moitié du siècle dernier, quand les pays arabes ont obtenu leur indépendance, l'on ne peut se réjouir, globalement, de l'état d'avancée de l'édition.
Notre nation lit et produit peu. C'est une question d'éducation et de culture, beaucoup plus que de pouvoir d'achat ou d'ignorance. Certes, le livre reste cher chez nous, mais la question reste celle du contenu qui peut accrocher le lecteur et faire prospérer les éditeurs et la société. Encore une guerre perdue. Il faudra en préparer une autre où tout sera entrepris pour la gagner. Une question malheureusement liée aussi à la nature des pouvoirs politiques et de leurs orientations en matière de culture. Tout un programme !


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.