CDH ONU: Zniber appelle à renforcer l'action collective contre les discours de haine    Info en images. Ressources halieutiques: Plus de 2,36 MMDH de produits de la mer commercialisés    Aziz Akhannouch: « Malgré une conjoncture difficile, l'économie nationale poursuit son évolution positive »    Les pays du Golfe expriment leur gratitude à SM le Roi pour ses positions de soutien et sa solidarité    Désarmement: Le Maroc clôt sa présidence de la Conférence de l'ONU    Le montant de Zakat Al Fitr fixé à 25 DH    Le Lionceau Wassim Dardake passe professionnel à Toulouse    Thiago Pitarch : « Je n'ai pas encore choisi entre les deux sélections »    OM : Aguerd opéré pour tourner la page de plusieurs mois de douleur    Donner sa chance à la paix Rendre la tranquillité au Moyen-Orient    Détroit d'Ormuz : le baril de pétrole Brent repasse au-dessus des 100 dollars    Agadir Ida Outanane: Nouvelle accélération pour les équipements en milieu rural    Tanger-Tétouan-Al Hoceima : lancement du "Budget citoyen" pour la deuxième année consécutive    Secteur postal : vers une réforme clé pour la livraison et la logistique    Biodiversité et services écosystémiques : pourquoi le Maroc doit muscler sa protection    Environnement : vers une Alliance marocaine des zones humides    Tendansia présente Le Porteur d'Histoire à Rabat et Casablanca    Casablanca : le Timeless Festival by U Radio revient pour une 2e édition    Real Madrid : plusieurs joueurs sur la liste des départs dont Brahim Diaz    Al-Ittihad : Youssef En-Nesyri retrouve l'entraînement collectif    Beyrouth : au moins 8 morts et 31 blessés dans une frappe israélienne    L'Espagne adopte un décret pour garantir les soins de santé aux migrants sans papiers    Maroc : une plateforme judiciaire soulève des questions sur la protection des données et la présomption d'innocence    Talbi El Alami recibido por el nuevo presidente chileno    Les USA ont dépensé 11 mds USD les six premiers jours de la guerre au MO    Le tribunal espagnol refuse l'extradition d'un Marocain condamné pour une traversée clandestine mortelle    La star de «Emily in Paris» va produire un thriller d'action se déroulant au Maroc    SNEP nomme Ali Alami Directeur Général pour accélérer sa stratégie industrielle    Bourse de Casablanca : ouverture en territoire positif    Deadly crash in El Jadida leaves six farm workers dead, eight injured    Classes préparatoires : Le Maroc domine les palmarès internationaux    La Chine clôt les travaux du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois et mise sur un bon départ du 15e Plan quinquennal    Edito. La facture de la dépendance    Tizi y M.L.I lanzan «AMAL 2026» para formar a 100 jóvenes candidatos a las elecciones legislativas marroquíes    Le temps qu'il fera ce jeudi 12 mars 2026    Akhannouch préside une réunion sur la mise en œuvre de la réforme de l'enseignement supérieur    Le stade Prince Moulay Abdellah sacré meilleur stade du monde en 2025    Tizi et M.L.I lancent «AMAL 2026» pour former 100 jeunes candidats aux législatives marocaines    Rachid Talbi El Alami représente SM le Roi à la cérémonie d'investiture du nouveau président chilien    Genève : Le Polisario pointé lors d'une conférence sur les enfants soldats    Climat : Février parmi les plus chauds dans le monde    Rabat: Remise des premiers labels "Musée du Maroc"    Nabyla Maan en concert exceptionnel à Rabat    Nayef Aguerd subit une opération chirurgicale et manquera les matchs amicaux contre l'Equateur et le Paraguay    La pièce « Le porteur d'histoire » primée aux Molières arrive au Maroc    Renforcer le rapprochement des civilisations au cœur de la rencontre entre l'ambassadrice de Chine et le directeur de l'ICESCO    L'ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier, pressenti pour diriger l'AFD    Ayra Starr signe son retour avec « Where Do We Go »    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le revers du cocasse
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 05 - 11 - 2002

Les épreuves du concours d'entrée au Centre pédagogique régional (CPR) de Rabat, section arts plastiques, sont bien cocasses. Leur burlesque n'en éclaire pas moins sur une situation alarmante : la fermeture de trois CPR au Maroc. Explications.
En découvrant les épreuves du concours d'entrée au CPR de Rabat, les profs ont été estomaqués. Des enveloppes scellées ont été envoyées par l'Académie régionale pour l'éducation et la formation de la région du grand Casablanca. Elles précisent les détails des épreuves de l'écrit.
Pour le moins qu'on puisse dire, le contenu de ces épreuves est un véritable casse-tête chinois. Il a obligé les professeurs surveillants à redoubler d'inventivité pour pouvoir répondre aux exigences des concepteurs de cet examen. Il est en effet demandé aux étudiants de réaliser un « croquis de personnages ». Et pas n'importe quel personnage ! « Un personnage assis, jambes croisées, lisant (un journal, une revue ou un livre) », et un autre « debout, dans l'attitude d'un musicien : (joueur de guenbri, de flûte, de violon, de derbouka, de flûte…) ». C'est donc des croquis d'après modèle que l'on demande aux étudiants de réaliser. Le problème, c'est que l'on n'avait pas de modèles pour 90 étudiants qui occupaient six classes. Il a fallu aux professeurs surveillants trouver une solution de fortune pour que l'examen ait lieu. Ils se sont improvisés en modèles.
Imaginons le cocasse de la situation. Un modèle est tenu à une rigidité à toute épreuve. Il doit rester dans une même posture pendant plusieurs minutes, jusqu'à ce que les étudiants aient fini leurs croquis. Un professeur censé surveiller les étudiants est ainsi acculé à les regarder faire sans pouvoir bouger le petit doigt. Et puis, s'il est facile de faire semblant de lire un livre ou une revue, cela l'est nettement moins en ce qui concerne les instruments de musique. Où trouver un guenbri ou une derbouka ? Et bien plus grave: il a été également demandé aux étudiants de faire des « croquis d'objets ». « Des bouteilles de différentes formes ou des poteries crues, vernissées ou émaillées ».
« Où va-t-on collecter des bouteilles pour six classes ? Et les poteries, on va peut-être les chercher au site de l'Oulja à Salé ! », s'écrie un professeur enragé du contenu des épreuves qu'il juge aberrant. « Heureusement qu'ils n'ont pas demandé aux étudiants de réaliser des croquis de vaches ou de moutons. Autrement, nous nous serions déguisés en bergers pour aller dénicher des troupeaux », dit un autre. La colère des professeurs n'a fait que s'accroître avec la découverte des épreuves du concours. Ils étaient déjà mécontents de travailler pendant une période de vacances. Une circulaire signée par le ministre de l'Education nationale précise en effet la date des périodes de vacances scolaires. Il y est clairement noté que les profs sont en vacances du 3 jusqu'au 10 novembre. Les examens ont commencé le 1er novembre et se poursuivent jusqu'au 7 novembre – date des épreuves de l'oral. « Je ne comprends pas que l'on puisse mobiliser des enseignants pendant les vacances. C'est un non-respect pour les personnes qui exercent notre profession ! », dit un enseignant.
Il est à souligner que ce concours d'entrée est d'habitude programmé au mois de septembre. Il a été exceptionnellement retardé de près d'un trimestre cette année. Il s'adresse aux élèves qui ont poursuivi une formation en arts plastiques dans les lycées et qui souhaitent dispenser, à leur tour, l'enseignement de cette matière. Plusieurs singularités ont caractérisé le concours de cette année. Tous les élèves souhaitant devenir profs ont été obligés de se déplacer au CPR de Rabat. Les heureux lauréats suivront également leur formation dans cette ville. Les années précédentes, ils pouvaient, en plus du CPR de Rabat, concourir et se former aux Centres pédagogiques de Tanger, Casablanca et Marrakech. Qu'est-ce qui explique cette concentration de toutes les activités en matière de formation en arts plastiques au CPR de la capitale ?
Selon plusieurs professeurs, les trois autres centres de formation sont en passe de cesser leurs activités. Les lauréats de cette année n'y suivront pas de formation. Cette formation dure deux ans. Si l'on accorde du crédit aux propos des enseignants, il ne reste donc qu'une année de vie aux trois autres CPR spécialisés dans l'enseignement des arts plastiques.
Et après, l'on peut se demander ce que vont devenir les enseignants qui y exercent. Le cocasse du contenu des épreuves a ainsi un revers cinglant. À un moment où tout le monde s'accorde à reconnaître l'importance de la formation en arts plastiques dans notre pays, les centres de formation censés la développer rétrécissent comme une peau de chagrin.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.