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La pastèque, un fruit dominant cet été
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 28 - 06 - 2002

L'été est toujours accompagné par la prolifération de fruits saisonniers comme la pastèque. Cette année la récolte a été très bonne, et le marché de gros est envahi par ce produit désaltérant.
A vue d'œil, des montagnes de pastèques sont étalées un peu partout. Ce qui fait que les prix sont très bas. Le prix en gros varie entre 0,75 dh et 1,20 dh le kilo, selon la marque et la qualité. Si cette situation fait l'affaire des consommateurs, les producteurs et les vendeurs sont aux pleurs. Et pour cause, un chargement entier ( 12 à 14 tonnes) est vendu entre 13 000 dh et 7500 dh.
Une misère pour un vendeur qui se procure la marchandise depuis des régions lointaines. En fait, la pastèque est originaire de la vallée du Nil. Très désaltérante mais sans aucun intérêt diététique car elle est très pauvre en vitamines. C'est un fruit saisonnier très prisé par les Marocains, surtout qu'il s'agit d'un produit aussi national que populaire. Après l'indépendance, pendant les années 60 et les années 70, la culture de la pastèque était pratiquée dans des régions précises. Agadir, Beni Mellal, Chtouka dans la région d'Azemmour et Ain Atig. La récolte n'était pas aussi bonne que de nos jours et par conséquent la pastèque disparaissait vite du marché.
Au début des années 80, la région d'Agadir continue de produire alors que Beni Mellal, Chtouka et Ain Atig ne le font plus. De nouvelles technologies d'irrigation ont fait leur apparition en même temps qu'une longue période de sécheresse pour que d'autres régions prennent la relève en matière de production de la pastèque. La région Doukkala, Rhamna, Berkane et un petit peu du côté du Gharb sont aujourd'hui le fief de la culture de la pastèque. Même les marques et les catégories de pastèque ne sont plus les mêmes, accompagnant ainsi le changement de région d'implantation. Les marques les plus utilisées pendant les années 60 et 70 portent des noms familiers dans les milieux des producteurs et des marchands fruitiers.
Des termes bizarres pour les non-initiés en la matière, comme « Magaza », « Qanada » et « Bijou ». Seule cette dernière existe de nos jours et que les consommateurs connaissent parfaitement sans pour autant savoir qu'il s'agit de la pastèque « Bijou » plus connue sous le nom de la pastèque « noire » en référence à l'absence des rayures qui parcourent d'habitude les autres marques de pastèque. A côté de « Bijou », les nouvelles marques des années 80 et 90 sont « Mirage », « Dimara » et « Selbani ». Les semences de ce fruit proviennent de l'étranger. Ils sont importés notamment des Etats-Unis et du Canada.
L'implantation des semences débute à partir de fin janvier-début février à la région d'Agadir, suivi par les autres régions jusqu'en mois de mars. Un hectare peut produire plus de 60 tonnes, selon les modalités d'irrigation et les soins et le traitement appropriés. Le fruit en soi est appréciable en consommation, sauf que cette saison il risque
de ruiner pas mal de producteurs qui ont concentré leur
investissement sur la pastèque. Toutefois, personne ne peut refuser un plateau de tranches de pastèques quand elles sont servies à table.


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