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Après les MOOC, à quand les SPOC et COOC au Maroc?
Publié dans Albayane le 29 - 03 - 2018

On entend de plus en plus parler des Massive Online Open courses (MOOC), ces cours ouverts à des milliers d'apprenants à travers le monde. Développés au tout début par de grandes universités au niveau mondial, ils gagnent désormais du terrain au Royaume. D'ailleurs, de nombreuses universités marocaines, publiques et privées, suivent cette nouvelle tendance de l'e-learning. Si les MOOC sont de moins en moins un secret au Maroc, tel n'est pas le cas des COOC (Corporate Open Online Courses) et des SPOC (small private online courses), de nouveaux outils d'e-learning développés depuis quelques années par des entreprises en Europe.
Les MOOC ont débarqué au Royaume, il y'a à peine quatre ans. Il s'agit en effet de cours ouverts à un large public et dont le but est de démocratiser le savoir et la connaissance. De plus en plus d'universités marocaines publiques disposent de plateformes de MOOC, où sont dispensés gratuitement des cours, de diverses branches. Du nombre de ces universités, on compte aujourd'hui, l'Université Mohamed V avec sa plateforme «UM5MOOC» ou encore l'Université Cadi Ayyad avec son portail «UC@MOOC». Plus récemment, des universités privées marocaines se sont également lancées dans la course, à l'instar d'EMLyon Business school qui a lancé en octobre dernier son premier MOOC «entreprendre au Maroc» sur sa plateforme emlyonX et en mars 2018, un nouveau MOOC sur «Introduction to doing business in Africa». Si les MOOC permettent aujourd'hui au Maroc, de se faire un nom dans l'univers de l'enseignement numérique, ces «open courses» sont progressivement considérés comme désuets par plusieurs ailleurs. Et pour cause, les MOOC sont de plus en plus jugés comme étant impersonnels, puisqu'ils ciblent à la fois, étudiants, travailleurs et retraités et sont donc, incapables de captiver les étudiants qui les abandonnent généralement en cours de chemin. Bien plus, souvent, les certificats attribués après avoir suivi un MOOC, ne sont pas considérés par les recruteurs... et ne servent pas à se reconvertir professionnellement. Pour combler les lacunes des MOOC, certains pays ont élaboré d'autres concepts d'«open courses», entre autres les SPOC.
Les SPOC, moins de participants pour plus d'efficacité
Face au taux élevé d'abandon des MOOC en cours de chemin, les SPOC ont été développés, notamment en France. Avec les SPOC (Small private online courses), le nombre de participants est généralement plus réduit. On compte d'habitude quelques dizaines de participants tout au plus. Contrairement aux MOOC développés par les universités, les SPOC sont élaborés par les entreprises. Ils sont pourtant payants. Toutefois, ils ont des avantages que l'on ne trouve pas au niveau des MOOC. Les SPOC fonctionnent sur le même modèle «à distance» que les MOOC, mais comme leur nom l'indique, ils ne seront pas ouverts à tous, mais réservé à une trentaine de participants sélectionnés. L'objectif de l'effectif réduit est d'accroitre l'efficacité de la formation offerte. Ils favorisent l'apprentissage de compétence précise et répondent également aux besoins de formation continue pour les entreprises. Etant donné le nombre réduit de participants, il est plus facile pour l'équipe encadrante de mieux les gérer. Bien plus, l'obtention d'un diplôme à la fin, donne plus de crédibilité aux SPOC. Ils permettent aux étudiants ou salariés de se reconvertir facilement. Si les SPOC possèdent des avantages que les MOOC n'ont pas, les «massive online open courses» ne sont pas à supprimer. Il y'a plus d'avantages à faire coexister les deux modèles.
Les COOC à la rescousse?
Il y'a deux ou trois ans, un nouveau concept a également émergé : les COOC, des «open courses», développés également par les entreprises et sociétés. En effet, le concept ne s'éloigne pas vraiment de celui des MOOC. Sauf que les COOC (Corporate Open Online courses) sont en quelque sorte une version professionnelle des MOOC. Elles ont pour objectif de diffuser la culture de l'entreprise et de permettre aux salariés d'acquérir de nouvelles compétences. Les cours, qui sont élaborés par les entreprises, s'adressent donc uniquement à leurs clients ou leurs salariés.
Contrairement aux MOOC généralement axés sur les connaissances académiques, les COOC intègrent conjointement théorie et pratique, aspect ludique, communauté de partage regroupant apprenants et animateurs. Ils sont généralement axés sur le «blended learning», en présentiel et distanciel. Les participants apprennent ce dont ils ont besoin au quotidien et s'entrainent via des cas pratiques, en groupe ou individuellement, sur leur lieu de travail. C'est ainsi qu'une entreprise comme Total a lancé en 2014 un COOC avec l'Institut Français du Pétrole sur «oil and gas, from exportation to distribution» pour mettre en avant sa politique de responsabilité de l'entreprise. Ces formations sont opérationnelles et certifiantes, mais payantes.
Loin de se laisser prendre par l'effet de mode, le Maroc, déterminé à réduire le chômage de sa jeunesse, aurait tout à gagner à se lancer davantage dans les COOC et les SPOC. Ceux-ci permettraient surtout de réduire la fracture entre les formations académiques généralement jugées fondamentales et les besoins des entreprises.


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