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La route du Tombouctou passe par Rabat et Nouakchott
Publié dans Albayane le 09 - 08 - 2012

Lors de l'effondrement du Mali par les invasions du nord, celles-ci ont entrainé une émigration massive de la population terrorisée. Sa Majesté a vivement réagi et envoyé une aide aux populations ainsi dépouillées. Depuis, la situation n'a pas changé. Il n'y a pas de prémisses de changement. La Mauritanie et le Maroc agissant ensemble ont le pouvoir de changer la donne sous l'égide du Conseil de Sécurité.
Au préalable, il convient de retracer les relations séculaires, spirituelles et religieuses des deux pays avec Tombouctou. Un ami expert de la religion m'a fourni une note à ce sujet dont voici la teneur :
« Les relations entre le Maroc et le Mali qui s'appelait avant l'indépendance le 22 septembre 1960, Blad Es Soudane : nom que les almoravides avaient donné au delta du Niger avec Tombouctou comme ville de référence. Ce nom même vient du mot berbère Tim Buktu (le puits de BukTu).
La France lors de la conquête de l'Afrique de l'Ouest, à la fin du siècle dernier le nomma : Soudan Français.
Les relations entre le Maroc et Blad Es Soudane remontent donc au 13ème siècle.
Le Sultan Saadien du Maroc, Mansour Eddahbi, après sa victoire sur les Portugais lors de la bataille des trois rois (1578) envoya une armée de 3000 soldats commandés par Djouder pour conquérir « la ville en or : Tombouctou ». Les commerçants marocains traversaient le désert pour aller à Tombouctou chercher de l'or ; selon la légende, les murs de la ville étaient en or alors qu'il s'agissait tout simplement d'un mirage. En effet, Tombouctou est entourée de grandes dunes de sable, dorées, exactement comme celles de Merzouga et la ville est une copie de Rissani. Au coucher du soleil, les murs reflétaient bien la couleur de l'or. Mais la richesse de Tombouctou était le sel gemme extrait des mines de Taoudenit : Sel qui s'échangeait contre de l'or du Gold Coast (l'actuel Ghana).
Après la conquête de Tombouctou par Mansour Eddahbi, ce dernier fit venir de Tombouctou, l'érudit, le docte Ahmed Baba dont la connaissance et les écrits sur les écritures saintes et le Coran faisaient référence jusqu'à la Mecque.
Ahmed Baba reste plus de 20 ans à Marrakech et c'est à la suite d'une révolte des habitants de Tombouctou qui revendiquaient son retour que le Sultan El Mansour accepta de le renvoyer dans sa ville natale avec le titre de Cadi tout en le couvrant de gloire.
Depuis 1620 jusqu'en 1968 (après le coup d'Etat de Moussa Traore contre le président Modibo KEITA), les descendants d'Ahmed Baba se succèdent de père en fils, comme Cadis de Tombouctou en rendant la justice au nom du Roi du Maroc.
Il faut dire aussi que la continuité de cette pratique était due au fait que la très grande majorité des habitants de Tombouctou, les Sonrhaï sont des armas et des draouis qui sont tous originaires du Maroc. Lors de la prise de Tombouctou par le Colonel Bonnier, ce dernier respecta la politique coloniale française qui consistait à laisser les indigènes gérer eux-mêmes leurs us et coutumes, comme ce fut le cas du Maroc. Jusqu'au dernier commandant Français du cercle de Tombouctou en 1960, Renaud, ainsi que le Médecin chef Pinseau et le juge de paix Colona, les jugements indigènes étaient l'affaire du Cadi et le juge Colona ne s'occupait que des quelques étrangers qui vivaient dans la ville.
A l'indépendance du Mali, le Président Modibo Keita, respecta le statuquo ; peut être aussi, du fait du n° 2 du Mali, le Président de l'Assemblée Nationale, le sonrhaï de Tombouctou, Mahamane Alassane Haidara dont le nom d'origine est Mohamed El Hassan Haidar, grand ami de feux Mohammed V et Hassan II.
A la suite du coup d'Etat de 1968, la pratique est restée néanmoins en vigueur : Les Cadi Ahmed Baba rendent toujours la justice, mais sans la formule consacrée.
Les grandes familles marocaines de Tombouctou (à l'exception de la CFAO et Maurel & Prom) détenaient plus de 90 % du commerce de toute cette boucle du Niger qui allait de Tombouctou jusqu'à GAO.
Parmi ces grandes familles ont peut citer : Les Ben Wahab - Boularef-Mohamed Khattra - Ben Taleb – Kettani – Laraibi - Brahim Cheikh - Mourabi Hamouche - Mokhtar Chleuh - Bachir Ben Omar et les Ben Barka qui étaient les plus prospères et qui n'ont jamais accepté de prendre la nationalité française malgré les pressions qu'ils subissaient.
Leur commerce s'exerçait presque toujours dans l'axe Sud du Maroc-Tombouctou, soit par le Tafilalet pour Fès, soit par Goulimine via Zagora et Marrakech. Le transport de marchandises s'effectuait par des caravanes de chameaux dépassant parfois les 300 têtes.
Cette pratique hélas a disparu en 1975 avec la création du Polisario qui déstabilisa toute la région.
Tombouctou qui est tout le temps comparée à Marrakech ou Fès est très fière de ses trois grandes mosquées datant du 14ème siècle : Sidi Yahyia-Djingareiber et Sonkoré, ainsi que de ses 333 saints et ses 16 mausolées dont hélas 9 viennent d'être détruites par les mécréants d'AQMI.
Aujourd'hui, la ville de Tombouctou est donc squattée par des voyous obscurantistes qui ne sont pas natifs du Mali. Ils détruisent les Mausolées au cri de « Allah Akbar ». Les mosquées de Tombouctou sont un chef d'œuvre de l'art architectural musulman. Les tombeaux des saints sont également des monuments qui reflètent le dynamisme d'une ville alliant l'esthétique architecturale à la spiritualité religieuse. Et voici que ces voyous obscurantistes osent profaner ce patrimoine sacré, le témoignage de la vie de nos aïeux.
Peu importe qu'on adopte le culte des saints ou qu'on ne l'adopte pas. Le problème ne se pose pas en ces termes. En effet, quand on adopte le culte des saints, on pénètre dans le mausolée et on prie pour le repos de l'âme du défunt ; et quand on n'adopte pas le culte des saints, on peut admirer l'esthétique du lieu. La beauté fait partie de la religion. «La diversité des opinions dans ma communauté est une bénédiction» dit un hadith. A Tombouctou, on détruit ce que nos aïeux nous ont légué; c'est inacceptable. A ce titre, il faut y mettre fin.
La Mauritanie et le Maroc ont la capacité d'y mettre fin. La première raison est que le Maroc, la Mauritanie et le Mali du nord sont issus du même peuplement. Ce n'est pas un hasard si la commune du Mechouar à Rabat s'appelle Touarga. La Mauritanie et le Maroc ensemble s'ils le veulent, peuvent sanctuariser Tombouctou et ouvrir un couloir humanitaire qui permettra d'acheminer les secours pour la population en mal de subsistance. C'est la seule voie ouverte pour permettre au Mali de renaitre de ses cendres. Encore faut-il que la Mauritanie et le Maroc acceptent de mettre fin à ce scandale absolu puisque tout le monde semble y échouer.
Et bien entendu rien ne peut se faire sans l'aval du Conseil de sécurité.
Issus du même peuplement, les deux pays, la Mauritanie et le Maroc et le nord du Mali ont des contacts étroits entre eux. Ils communient dans la même spiritualité religieuse, le sunnisme malikite et ils ont la capacité de réunir chez eux les différents composants des Maliens du nord. Ceux-ci pourraient aisément établir un consensus entre eux pour sanctuariser Tombouctou ; ensemble, ils ont les capacités d'isoler les mercenaires venus d'ailleurs dont le but est de détruire le Mali. Ensemble, ils peuvent mener des négociations avec Bamako pour reconstituer l'indispensable unité du pays sur les bases à définir entre eux.
La solution militaire préconisée par la CEDEAO n'a pas de chance d'aboutir. Par contre, dépayser des négociations entre les parties dans les deux pays amis et neutres, peut avoir un effet positif. En tout cas, on ne risque rien d'essayer.


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