Quel soulagement ce sera lors de l'annonce de la démission du président Bachar el Assad ! Ce qui était impossible est devenu hypothétique dans la bouche du vice-Premier ministre syrien Qadri Jamil, signifiant une inflexion majeure dans une situation intolérable qu'il faut aider à mûrir et à se concrétiser en ménageant, diplomatiquement et militairement cette option fragile. Avec un bilan forcément trop élevé en vies humaines sacrifiées, il faut trouver le moyen de stopper le carnage, fusse-t-il au prix de quelques concessions au profit du clan au pouvoir. Le temps de la Justice et des réparations viendra plus tard. Restent deux questions majeures.La première est celle de la volonté et la capacité des oppositions syriennes de se fédérer et de permettre aux conditions préalables d'être retenues pour éviter de faire avorter les négociations dès les premiers contacts. Une trop forte intransigeance est donc à proscrire au nom des vies à préserver et du temps qui joue contre la paix avec les risques de contagions et de radicalisations.La seconde est celle de l'après Bachar el Assad qui doit être gérée par les Syriens eux-mêmes, en minimisant les ingérences des grandes puissances et des puissances régionales. Nul doute que le nouveau régime accentuera davantage la reconfiguration en cours du Moyen-Orient et, par ricochet, les rapports de force. Tenter d'infléchir d'une manière ou d'une autre cette évolution ne ferait que créer un déséquilibre sur une société en convalescence, donc fragile et précaire avec un résultat improbable. L'occasion pour la Ligue Arabe de jouer un rôle, aux côtés de la Turquie mais aussi de l'Iran, est une occasion unique, vitale pour assurer une évolution démocratique, qui respecte le choix des Syriens et qui leur donne les outils pour construire des relations viables avec leurs voisins dans un souci de respect de leur souveraineté et de leurs choix. En attendant ce jour, c'est sur le plan humanitaire qu'il faut se focaliser pour aider le peuple syrien à tenir, en priant pour que le dénouement soit le plus proche possible.