Cités universitaires Un état des lieux accablant
Faible capacité d'accueil, restauration de mauvaise qualité...
Un plan d'action pour redresser la barre
19.000 nouveaux lits pour la prochaine rentrée
Insuffisance de la capacité d'accueil, manque d'infrastructures, défaillance des équipements… les cités universitaires souffrent de beaucoup de maux résultant de plusieurs années de «mauvaise gestion, d'absence de transparence dans la passation des marchés, et surtout d'un problème de gouvernance». Le constat effectué par les membres de la Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication, a été confirmé par Lahcen Daoudi, ministre de tutelle, et Mustapha Denial, directeur général de l'Office national des œuvres universitaires sociales et culturelles (ONOUSC). Cet organisme a été créé en 2001 pour prendre en charge tous les aspects de la vie universitaire. Or, de l'avis même de son directeur, cet Office «manque de moyens matériels et humains pour mener à bien sa mission». Sur ses 3.000 fonctionnaires, près de 85% ont un niveau qui ne dépasse pas l'enseignement primaire. A cela s'ajoute un manque de compétence dans les domaines de gestion comptable et financière. Difficile de mettre à niveau la situation des cités universitaires avec peu de moyens. Surtout que le challenge est de taille. Jusqu'en 2010, date de la mise en place d'un plan d'action pour résorber le gap en matière d'infrastructures et d'équipements, tout le territoire national comptait 19 cités universitaires, totalisant une capacité d'accueil de 35.000 lits. La dernière a été construite en 1996. Pire, «ces cités ne répondent pas aux normes, dans la mesure où il s'agit, dans plusieurs cas, d'anciens bâtiments, comme des casernes, qui ont été transformés pour accueillir les étudiants». C'est notamment le cas à Rabat, Kénitra ou encore Fès. Au niveau de la restauration, il existe uniquement 10 restaurants répartis sur 7 universités dans les grandes villes comme Rabat, Fès, Marrakech, Casablanca… Le directeur de l'Office a fait des déclarations accablantes concernant la qualité de la nourriture servie aux étudiants durant plusieurs années. Cela est le résultat du manque de transparence dans la passation des marchés. A titre d'exemple, «certaines cités universitaires avaient recours à des fournisseurs qui leur livraient par exemple la viande du buffle, ou du poisson à des prix très bas. Ce qui montre que la qualité n'a pas toujours été là», selon les responsables de l'Office. C'est pour cela que l'amélioration du service de restauration figure parmi les principaux points du plan d'action 2010-2012. Cela passe par la mise à niveau et l'équipement des restaurants universitaires existants, la construction de 12 nouveaux restaurants, et le recours à la sous-traitance notamment dans les universités de Kénitra, Settat, Béni Mellal, Meknès, Agadir et El Jadida. Globalement, le programme prévoit de passer d'une capacité de 35.000 lits à 54.000 lits lors de la prochaine rentrée, avant de passer à 70.000 lits au cours de l'année 2013. Cela passe par la construction de 14 nouvelles cités universitaires et l'extension de 5. «Le rôle des partenariats avec le secteur privé est déterminant», a estimé Mustapha Denial. Ainsi, la rentrée prochaine connaîtra la mise en place de 19.000 nouveaux lits, et l'ouverture de 6 nouveaux restaurants. Parallèlement, l'Office a instauré des critères rigoureux pour assurer l'égalité des chances dans l'accès à l'hébergement dans les cités universitaires. Celles-ci disposeront de règlements internes actualisés. L'ONOUSC a également annoncé le nombre des places disponibles dans les différents établissements (9.000 au total). Il a également mis en place une expérience pilote en partenariat avec l'Université Ibn Toufail à Kénitra. Il s'agit de lancer un portail internet permettant aux étudiants de déposer les demandes d'hébergement. Les critères garantissant l'égalité des chances seront également adoptés pour l'octroi de la carte des restaurants universitaires. Ceux-ci seront également équipés d'outils permettant de contrôler la qualité et la gestion des produits alimentaires. Parallèlement, les étudiants devront bénéficier d'une carte donnant accès aux services de santé, qui seront renforcés via la réhabilitation des dispensaires au sein des cités universitaires.