Le PJD cède et retire ses amendements controversés    Plus vieux, qualifiés et autonomes    Le pot aux roses du système d'espionnage numérique    126.000 emplois créés en 3 mois    Moulay Rachid, l'image du Maroc dans le monde    Des objectifs à déclarer    Deux anesthésistes révoqués pour exercice illégal de la médecine    Evacuation d'urgence à un hôpital de Nouakchott de Mustapha Salma    Logement locatif : Un segment moins investi, malgré les potentialités    Crédits à l'économie : Les courroies de transmission en panne    La 6ème édition du Forum MEDays du 13 au 16 novembre    L'Algérie verrouille ses frontières    Driss Lachgar se félicite de l'union entre le PADS, le CNI et le PSU    Région de Zagora : Opération humanitaire d'Aquassistance Maroc    Divers sportifs    Pelé vous salue bien !    Nos voeux    Légère baisse des coûts unitaires de la main-d'œuvre dans la zone OCDE    La région de Tadla-Azilal au cœur de débats climatiques    Le Festival des Cerises fête ses 93 ans    "Les Feux de l'amour : 40 ans déjà !"    Les premiers guembris et crotales résonneront ce soir à Essaouira    Bouillon de culture    Aïcha Benamour-Benis lauréate du premier Prix Gutenberg du livre    Les révélations de Shakira    Louafa ennemi juré de la décentralisation    25 plages labélisées "Pavillon bleu"    DIVERS    Insolite : Hôtels flottants    L'UE rassure sur le maintien du budget de coopération avec les pays du voisinage    Le Maroc reste une terre d'accueil pour les réfugiés    Taux directeur : Jouahri n'écarte pas l'éventualité d'une hausse    Flashs    La TGR en séminaire international à Marrakech    Les fédérations mettent Ouzine dans l'embarras    Accidents de la circulation au Maroc : 15 morts et 1.275 blessés la semaine dernière    Des perspectives favorables pour le secteur agricole marocain    À propos de la saisie de pas moins de 156 poules à El Jadida    Le sport automobile dans la tourmente : Qui lui veut du mal ?    La République islamique d'Iran et son singulier printemps    Rabat: Le Jardin d'essais ressuscité    Signature d'un partenariat entre l'IRT et l'AS Saint-Etienne    Belaid El Akkaf primé en France    Sur les traces du festival du rire d'El Jadida    Nuit blanche pour les cinéphiles à Rabat    Mohamed El Ouafa dément le transfert vers des institutions pénitentiaires d'élèves pris en flagrant délit de fraude    L'ONU se félicite de la position du G8 sur la Syrie
    «Faire des déficients visuels, des citoyens égaux en droits et des acteurs contribuant au développement de leur pays»    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.




Vos amis recommandent

Si Azemmour nous était contée Une ville riche d'histoire et de culture totalement à l'abandon
Publié dans Eljadida 24 le 13 - 08 - 2012

img alt='Si Azemmour m'était contée' title='Si Azemmour m'était contée' src='uploads/thumbs/480_1344813093..jpg' border=0 style="max-width:480px" /Située à 16 km au nord d'El Jadida et à 72 km au sud de Casablanca, à l'embouchure de l'oued Oum Er-R'bie, la ville d'Azemmour dont le nom est lié à celui du saint patron Moulay Bouchaïb Erreddad,

est probablement établie sur l'antique cité d'Azama, qui a été occupée par les Phéniciens avant de tomber sous les mains des Carthaginois et des Romains par la suite. C'est l'une des plus anciennes villes du Maroc et selon les derniers recensements, sa population est estimée à 36.722 habitants.
Sa célèbre médina invite les touristes à venir profiter de son climat ensoleillé, de son calme et de sa convivialité. La ville était également réputée pour ses aloses, qu'on venait déguster ou acheter aux pêcheurs des bords de l'oued Oum Er-R'bie. Ce fleuve, qui est d'un bleu foncé et qui rappelle le passé maritime de la ville d'Azemmour, représente l'âme de cette ville magique.
La médina forme un quadrilatère allongé au bord du fleuve, limité au nord par la Kasbah, à l'ouest par les quartiers Zaouïas, au sud par l'ancienne route de Casablanca et, à l'est, par l'oued Oum Er-R'bie. Son enceinte présente trois bastions: Bordj Sidi Moumen. Bordj de Bâ-Qaïd et Bordj Derb Chtouka. La kasbah, dont six bastions font saillie (Bordj Hfir, Borj Sidi Ouaâdoud, Bordj El Ouasti, Bordj Fondok El Hana, Bordj Tahouna et Bordj El Mellah), est entourée de remparts couronnés d'un chemin de ronde d'environ deux mètres de largeur.
Dans ses anciennes rues paisibles, on remarque très vite l'influence des Idrissides et des Almoravides en contemplant certaines maisons, munies de très beaux heurtoirs ainsi que le cachet architectural caractérisé par les belles portes cintrées, à clé de voûtes sculptées.
Azemmour signifie en berbère le rameau d'olivier. Elle a été l'une des premières villes marocaines islamisées. Et ce, en l'an 667, soit l'an 45 de l'hégire par Moussa Bnou Nouçaïr.
Sous les Idrissides, Azemmour connut une période de prospérité étant donné que Moulay Idriss II y favorisa la frappe monétaire et y construisit plusieurs mosquées. Au XIe siècle, le souverain almoravide, Youssef Ibn Tachfin, s'empare d'Azemmour et y construisit à son tour des mosquées et une fontaine. Sous le règne du sultan almohade Abdelmoumen, Azemmour était une cité florissante et celui-ci y construisit lui aussi une belle mosquée. Les Mérinides y construisirent une médersa et une petite fontaine au coeur de la médina au XIVe siècle.
Durant la deuxième partie du 15e siècle et en l'absence du pouvoir central, la ville d'Azemmour fut le théâtre de multiples attaques par les pirates européens, essentiellement hollandais, suisses, portugais et espagnols. Pour avoir une protection, les Zemmouris furent contraints de signer un pacte avec le roi portugais Joao II (1486) puis avec Emmanuel 1er (1497) et devinrent leurs vassaux.
Ce dernier désignait alors un «facteur» portugais veillant sur les intérêts de son pays. En contrepartie de cette protection, les Zemmouris livraient du blé et de l'alose (10.000 unités par an). Avec le temps, le roi portugais Emmanuel II et son pays devinrent plus gourmands et décidèrent d'occuper la ville en1513. Azemmour tomba donc sous domination portugaise jusqu'en 1541. Ce fut le sultan Saâdien Mohammed Cheikh qui libéra Azemmour des Portugais. Sous les Saâdiens, Azemmour marchande avec l'Europe jusqu'en 1672. Après sa libération et jusqu'en 1960, Azemmour comptait une forte communauté juive.
Elle était réputée par les travaux d'orfèvrerie et de broderie avec ses fameux motifs "aux dragons". Et, de nos jours, plusieurs activités artisanales sont encore présentes à Azemmour comme la broderie, la tapisserie et l'ébénisterie. Azemmour était aussi le fief d'El Malhoune et a enfanté plusieurs maîtres dont les plus célèbres furent Si Ahmed Berkia, Ben Messaoud El Hejjam et Jilali Labsir.
Azemmour est aussi connue par le légendaire personnage "Estevanico" (Saïd ben Haddou dit Estibanico). Ce Marocain, né à Azemmour aux environs de 1503, fut le premier, en tant qu'éclaireur des conquistadors, à découvrir et à traverser l'Arizona et le Nouveau Mexique après avoir fait partie de l'expédition de Narvaez (Cabessa de Vaca). En son hommage, une association appelée « Association Estivanico » a été créée à El Paso en Floride. Actuellement et en dépit de sa situation géographique, Azemmour connaît une léthargie criante et son développement est en stand by depuis biens longtemps. Etrange phénomène qui se répète année après année à Azemmour : le temps a été laissé au temps.
Le délabrement, la détérioration et l'effritement semblent être sa destinée dans la plus grande indifférence des responsables et décideurs de la ville.
Par conséquent, pas seulement les monuments historiques d'Azama qui sont en voie de disparition, mais c'est l'âme, l'histoire et le patrimoine de cette pauvre ville qui sont en voie d'esquintement au cas où on continuerait d'appliquer la politique de " œil de mica".
Azemmour, patrimoine architectural et culturel inestimable, a pu être préservé par nos ancêtres, grâce à leur savoir-faire et à leur désir de préserver ces lieux. Leur souci s'articulait essentiellement autour d'un seul objectif "perpétuer l'histoire" car un peuple qui ne vénère pas son histoire et son passé n'aura guère de racine et sa mémoire collective sera défaillante.
Ainsi, cette cité a le mérite d'être sauvegardée vu qu'elle représente aussi un livre ouvert de notre histoire glorieuse. Rappelons que feu S.M. le Roi Hassan II, lors de son discours adressé aux architectes en janvier 1986 à Marrakech, avait conseillé qu'Azemmour soit un exemple parfait du patrimoine architectural national qu'on doit préserver et qu'elle soit prise comme modèle dans la production architecturale contemporaine.
C'est vrai qu'Azemmour est également concernée par un programme d'urgence de réhabilitation pour un investissement de 35 millions de DH prévoyant l'éradication des constructions menaçant ruine et la réhabilitation des édifices présentant un intérêt architectural. Mais la requalification urbaine d'Azemmour devra être intelligente et bien étudiée afin que cette magique cité ne soit pas livrée à une spéculation hasardeuse qu'un certain lobby essaie d'imposer par n'importe quel moyen.
En plus, ce n'est pas par la politique de l'autruche que les gérants de la province et de la ville ont appliqué dernièrement qu'Azemmour va occuper la place qui lui sied car on ne pourra guère cacher la réalité des faits alarmants : pauvreté extrême, analphabétisme, criminalité, chômage, prostitution et déchéance totale sur tous les niveaux.
En conclusion, ne soyons pas trop pessimiste car, qu'on le veuille ou non, Azemmour est promise à un bel avenir étant appelée à devenir l'arrière-pays de la station Mazagan. Ce qui fera assurément de cette ville une destination touristique incontournable. Azemmour sera sans aucun doute un catalyseur de taille pour le développement de tous les Doukkala et on ne manquera pas d'avoir d'heureuses retombées sur notre pays auquel nous devons beaucoup.
__________________________
Responsabilités
Depuis le début du siècle dernier, différents dahirs et arrêtés relatifs à la protection de ce patrimoine ont été publiés au Bulletin officiel dont notamment: le Dahir du 9 novembre 1927(B.O n° 790 du 17 novembre 1927 .P 719) et le Dahir du 25 mars 1929(B.O n° 864 du 14 mai 1929.P1298).
Il est important de rappeler cette loi aux responsables de la province et aux décideurs de la ville qui sont tenus pour responsables devant la loi de toute détérioration d'un patrimoine culturel classé et qu'ils sont tenus à le protéger et à le restaurer. Ils sont aussi appelés à redoubler d'efforts pour sauver les monuments en ruine et les exploiter dans des activités économiques, sociales et culturelles et à prendre toutes les mesures nécessaires pour classer cette ville en tant que patrimoine universel de l'humanité.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.
Signaler une annonce inappropriée
Vous pouvez nous aider à bloquer une annone inappropriée en nous indiquant le site correspondant :





Merci d'avoir signalé!
Nous allons vérifier l'annonce pour la bloquer.